Saisons passées

PANTAGRUEL (TSEN Productions)
Genre: 
Théâtre
Coproduction : Théâtre de Cornouaille - Scène nationale de Quimper, CDDB Théâtre de Lorient - CDN, Incroyable compagnie, Théâtre National
Durée: 
1h35

Conception artistique et adaptation : Benjamin Lazar et Olivier Martin-Salvan
Mise en scène : Benjamin Lazar
Collaboration à la mise en scène : Amélie Enon
Comédien : Olivier Martin-Salvan 
Musiciens : Benjamin Bédouin (Cornets et flûtes) et Miguel Henry (Luth et guitare) 
Composition et direction musicale : David Colosio
Recherche dramaturgique : Mathilde Hennegrave
Lumières : Pierre Peyronnet
Scénographie : Adeline Caron assistée de Sylvie Bouguennec
Costumes : Adeline Caron et Julia Brochier assistées de Margaux Sardin
Régie générale et lumières : Fabrice Guilbert 
Régie son : François-Xavier Robert 
Administration de production  : Colomba Ambroselli

Résumé

« Porter l’oeuvre de Rabelais à l’épreuve de la scène me tient à coeur depuis longtemps. Après O Carmen, le désir de m’atteler à un grand texte s’est tout naturellement tourné vers l’oeuvre de Rabelais.
La dimension comique du texte m’a bien sûr fortement marqué, et je suis du même avis que Rabelaislui-même : “le rire est thérapeutique”… Mais surtout, à travers ce texte hors du commun, s’opère comme un retour aux origines, un voyage vers les tréfonds de notre langue.
Je retrouve à travers la langue de Rabelais des paysages anciens, une nature partout présente, une époque sans industrie ni moteur, une France faite de villages, avec des bruits de bois ou de vent, quelque chose de rural dont je suis proche. Remonte à mon esprit le souvenir de mes grands-parents parlant morvandiau du côté de mon père, ou occitan dans ma famille aveyronnaise.
Il y a chez Rabelais une façon instinctive de décrire le monde, quelque chose de très brut, très direct,qui me plaît.
J’ai la sensation de me perdre dans le langage comme dans une forêt. Tous les sens sont en éveil. Lecorps parle. Je ressens une grande fierté de pouvoir être interprète de ce texte. C’est nécessaire de faire entendre cette langue française si riche, c’est presque faire de l’éducation civique ! C’est une langue qui vient à peine de quitter le latin et le grec…
C’est important de transmettre l’oeuvre de ce génie en fin de compte méconnu, qui a inspiré les plus grands, c’est notre grand-père à tous, il était précurseur d’une grande liberté d’esprit et d’une ouverture totale au monde.
J’ai été très heureux de retrouver Benjamin Lazar sur ce projet. Car, depuis notre collaboration sur le Bourgeois Gentilhomme et notre complicité dans l’inventivité sur le plateau, il y a quelque chose de complémentaire dans notre manière d’appréhender ce matériau qu’est l’oeuvre de Rabelais : Benjamin sensible au versant humaniste, savant et raffiné de l’oeuvre, spécialiste des textes anciens, et de mon côté, plutôt dans la farce, oeuvrant sur la dimension comique, dans quelque chose de très instinctif, presque athlétique dans la
mise en jeu du corps et de la voix. » Olivier Martin-salvant.

Presse

TELERAMA du 20/11/13 Fabienne Pascaud :
Dans ce Pantagruel que met en scène Benjamin Lazar avec un seul - mais phénoménal !- comédien, Olivier Martin-Salvant entouré de deux musiciens.(.) Lazar nous fait entendre combien notre langue s'est nourrie de l'inventivité, de la matérialité et de la sensualité de celle du prête-médecin-écrivain. Et notre pensée, de son imaginaire, de sa folie, de son humanisme. Dans un espace sombre, vêtu comme un ogre de légende, et à travers une parole truculente, archaïque, voie océanique,- qui suffirait déjà à faire spectacle et musique-, Olivier Martin-Salvan nous entraine au côté de Pantagruel et Panurge dans de formidables aventures. Jusqu'à réchauffer, entre autres, ces insensées paroles gelées rêvées par Rabelais. La représentation aussi bigrement réchauffe.

LA TERRASSE du 19/11/13 Agnès Santi :
C'est presque par effraction que le comédien arrive sur scène, dans une ambiance crépusculaire, avec une loupiote à la main et une sur le front. Mais ce plateau sombre et quasiment nu devient vite un monde immense où brillent de mille feux les lumières du savoir ! Quel talent ! Benjamin Lazar et Olivier Martin-Salvan nous impressionnent : le théâtre combine ici tous ses effets avec maestria. Athlète de la parole au corps imposant, Olivier Martin-Salvan est un géant de la scène qui l'habite et la parcourt avec gourmandise, appétit et une incroyable virtuosité. De grandioses paroles traversent ainsi le plateau, et rejoignent le public ébahi par la performance, de l'érudit au lycéen. Des poignées de paroles bien dégelées et réchauffées par celui qui les porte (à l'instar de Jean Bellorini avec ses Paroles gelées). Des paroles intrépides qui laissent émerger allégresse et humanisme. Moine, prêtre, médecin, traducteur, homme de lettres, botaniste, polyglotte et hellénophone, Rabelais est un esprit libre qui dut fuir les foudres obscurantistes. Sous le nom d'Alcofribas Nasier, il publie les aventures de Pantagruel en 1532. C'est en langue originale que Benjamin Lazar a voulu rendre compte des « Horribles et Epouvantables Faits et Prouesses du très renommé "Pantagruel, roi des Dipsodes ", fils du géant Gargantua et de Badebec, morte en couches.

Vigueur et intelligence
« Détacher la forme du fond nous semblait dommage. La langue est ancienne, certes, mais on sent la modernité de l'écriture de Rabelais. De plus, cette langue est faite pour être dite. » indique le metteur en scène dans nos colonnes (La Terrasse n° 214). La scénographie et les costumes évoquent un univers brut et primitif, proche de Dame Nature, bien loin de toute mode et de tout artifice, si ce n'est celui du théâtre. Tout commence par le récit de la naissance de Pantagruel, qui grandit, étudie, fait bonne chère des ouvrages de la bibliothèque de Saint-Victor lors d'une scène hilarante, où l'esprit et les sens s'entremêlent joyeusement. Il croise le déroutant Panurge et Epistemon. Un détour par le Quart Livre aussi et par le fameux périple des paroles gelées. La mise en scène au fil d'épisodes saisissants laisse voir la magie et la chair de la langue et s'aventure au-delà des mers sur des rives merveilleuses et poétiques, jusqu'à un pays étrange et fantastique envahi de méduses dorées qui voguent dans les airs. Les musiciens Benjamin Bédouin (cornets et flûtes) et Miguel Henry (luth et guitare) accompagnent Olivier Martin-Salvan, qui incarne le narrateur et tous les personnages, sur une musique aux accents baroques ou contemporains composée par David Colosio. Un spectacle qui célèbre avec vigueur et intelligence l'artisanat du théâtre et la puissance de la langue, l'imagination et le savoir.

LE FIGARO du 10/11/13 Armelle Héliot :
A l'Athénée, Rabelais dans toute son intelligence

Benjamin Lazar qui le met en scène et Olivier Martin-Salvan qui l'interprète magistralement, ont conçu ce spectacle formidable et signent une adaptation savante et savoureuse des aventures de Pantagruel.
Avec rien, presque rien, mais beaucoup d'imagination, d'intelligence, un talent immense et une liberté radieuse, Benjamin Lazar et Olivier Martin-Salvan nous offrent le plus beau spectacle que l'on puisse actuellement déguster.
Ils ont ensemble eu l'idée de cette plongée dans une langue difficile qu'ils rendent simple, accessible même aux plus jeunes qui n'auraient jamais plongé le nez dans les aventures hautes en couleurs des personnages d'un génie, François Rabelais.
Ils s'arrêtent là où Jean Bellorini et Camille de la Guillonnière s'étaient embarqués : les paroles gelées...Ils commencent à la naissance de Pantagruel et nous racontent comment sa maman mourut, comment son papa (Gargantua) l'éleva, comment il partit étudier et s'amuser partout à travers la France...etc.
Ils vont un peu plus loin que les paroles gelées jusqu'à ce moment où le "narrateur" s'aventure à l'intérieur même du géant extravagant... 
On entend avec amusement combien Rabelais a influencé certains de nos amis auteurs du jour, à commencer évidemment par Valère Novarina qui n'a d'ailleurs jamais revendiqué autre chose...
Ici, tout est superbe. Les lumières de Pierre Peyronnet, costumes (de paille et de rafia), les éléments scéniques, avec, à la fin, le surgissement de méduses dorées qui flottent dans la cage de scène. C'est tout simplement magique et d'une beauté à couper le souffle...Cette scénographie est signée Adeline Caron. Elle a également conçu les costumes avec Julia Brocher.
Deux musiciens sont intégrés au récit : Benjamin Bédouin, cornets et flûtes, Miguel Henry, luth et guitare. Ils jouent une composition spéciale de David Colosio.
C'est drôle, cocasse, vif, enjoué, grave, cela charrie une science extraordinaire de la langue et le savoir encyclopédique de François Rabelais fait feu de tout bois pour animer son grand livre.
Mais s'il y a quelque de prodigieux, ici, c'est bien l'interprète qui joue les bébés géants et les gentils géants adultes avec une malice merveilleuse.

Olivier Martin-Salvan est l'homme qui a fait rire des salles enthousiastes (du Rond-Point notamment) avec une insolente variation : Ô Carmen.
Ici, il change de registre. Il connaît Benjamin Lazar depuis leur Bourgeois Gentilhomme aux chandelles.
Ce qu'il fait sur le beau plateau de l'Athénée est exceptionnel. On ne voit pas qui d'autre aujourd'hui possède la personnalité et les moyens de mémoire (car le texte est très difficile), d'intelligence de ce qui se dit, d'amour de Rabelais, qui pourrait servir ce projet formidable.
C'est un vrai géant de la scène ! On s'amuse, on l'admire, tout est inattendu. L'adaptation est excellente et la manière dont Benjamin Lazar dirige son camarade est toute de finesse et de fluidité.
Une heure trente cinq unique à découvrir d'urgence...Le public fait un triomphe à ces artistes. Un triomphe à la hauteur de la qualité de cette production.

 

Photos
Pantagruel- crédits photos:Nathaniel Baruch
Pantagruel- crédits photos:Nathaniel Baruch
Pantagruel- crédits photos:Nathaniel Baruch
Pantagruel- crédits photos:Nathaniel Baruch
Calendrier

TOURNEE 14/15
La Halle aux Grains -Scène nationale de Blois (41) : mercredi 7 et jeudi 8 janvier 2015
Théâtre Firmin Gémier / La Piscine- Chatenay- Malabry (92) : samedi 10 janvier 2015
Centre dramatique régional - Nouvel Olympia –Tours(37) : mardi 13 (20), mercredi 14(20h), jeudi 14 (19h), vendredi 15 (20h), samedi 16 (17h) janvier 2015.
Scène Nationale 61- Alençon (61): mardi 20 janvier à Flers,  jeudi 22, vendredi 23  janvier à Alençon.
Le Phénix - Scène nationale- Valenciennes(59) : mardi 27, mercredi 28, jeudi 29, vendredi 30 janvier 2015.
Théâtre des Bergeries-Noisy le Sec (93) : mardi 3 février...